Bonjour et bienvenue sur JCF pour ce nouveau dossier. Aujourd'hui, pas de tutoriel, pas d'histoire rocambolesque sur un titre, pas d'explications sur un genre de jeu. Non, ce dossier portera sur une décennie de jeu vidéo. Et autant commencer par le commencement, avec les jeux sortis entre 1970 et la fin de l'année 1979. Vous vous en doutez, je ne vais pas parler en détails de tous les jeux et toutes les consoles sorties durant cette période, sinon il faudrait bien une année pour lire ce dossier ! Non, plus simplement, je vais parler de quelques jeux que j'ai pensé marquants et représentatifs de cette époque que l'on appelle aussi "la Préhistoire du jeu vidéo", en les classant par années et avec un petit focus sur certains titres.



Alors oui, je ne parlerai peut-être pas du jeu qui a fait votre enfance, ou de la console que possédait vos parents, car il faut faire un choix, qui n'est pas toujours du goût de tout le monde. J'espère néanmoins que ce petit dossier vous aidera à voir un peu plus clair dans cette décennie peu connue par les joueurs et par les plus jeunes, mais qui reste malgré tout une des bases du marché actuel et de l'histoire de notre passion, avec la naissance des bornes d'arcade et des consoles de salon.

 

Petit résumé des années 60 :

Quelques jeux vidéo ont fait leur apparition durant cette décennie, comme Spacewar (que l'on considère comme le premier jeu vidéo de l'Histoire) en 1961, Chase de Ralph Baer (un des pionniers de l'industrie) en 1966 ou encore Hamurabi en 1969. Ces jeux ne sont pas encore faits pour le grand public, ils tournent surtout sur les ordinateurs complexes de l'époque et ne sont pas développés dans le but d'être commercialisés.

 

1970 :

Les jeux vidéo ne courent pas encore les rues en ce début de décennie. On ne peut que noter l'arriver de Darwin, où des bouts de codes s'affrontent... On est donc encore aux balbutiements du genre.

 

1971 :

Si vous êtes nés en 1971, vous pouvez être fiers de vous : non pas parce que vous êtes nés la même année que Shannen Doherty, Tupac Shakur ou Fabien Barthez, mais parce qu'il s'agit de l'année où pour la première fois un jeu vidéo est commercialisé. Il s'agit de Computer Space.

La borne (kitsch) de Computer Space.


Derrière ce look clairement disco se cache un jeu créé par Nolan Bushnell et Ted Dabney en novembre de cette année. Pour la première fois, en insérant des pièces de monnaie dans une machine, on a la possibilité de jouer à un jeu que l'on contrôle. Jouable à un ou deux joueurs selon la version de la borne, il s'agit d'une repompe de Spacewar : à l'aide d'un bouton pour tourner, d'un bouton pour se propulser et d'un bouton pour tirer, il faudra détruire le plus de fois possibles les deux soucoupes volantes qui vous attaquent et obtenir un nombre de destructions inférieurs à celui de vos adversaires au bout des 90 secondes de jeu. Si on gagne, on peut jouer une nouvelle partie et ainsi de suite tant qu'on ne perd pas.

Produit en série à 1500 exemplaires, Computer Space n'a pas été un grand succès auprès du public.


1972 :

1972 est une année charnière pour l'industrie du jeu vidéo. Tout d'abord parce qu'il s'agit de l'année de fondation d'Atari par Nolan Bushnell et Ted Dabney (oui, les créateurs de Computer Space), le 27 juin 1972. Il s'agit de la première entreprise se concentrant uniquement sur la création de jeux vidéo.

 

Le premier fait d'arme de l'entreprise est un jeu que tout le monde connaît d'une manière ou d'une autre, et pour cause : il s'agit du fameux Pong.

Le très connu Pong.


Il s'agit d'un jeu reprenant les bases du tennis ou du ping-pong (ce qui serait plus juste vu son nom) mais avec quelques petites variantes : pas de rebond au sol mais sur les côtés du terrain, doté de "murs". On remporte un point lorsque la balle passe derrière son adversaire. Le jeu était simplement fait de barres blanches pour les deux joueurs, positionnées d'un côté et de l'autre du terrain, lui même représenté par de grandes lignes blanche sur le bas et le haut de l'écran (et au milieu pour montrer la séparation des deux camps). Le jeu est jouable à deux uniquement (bah oui, sinon aucun challenge, à part celui d'arriver à bloquer les deux barres pour que le carré ne passe plus), ce qui est une nouveauté, tout simplement parce que l'ordinateur ne peut gérer un joueur lui-même. Ce fut un beau succès en arcade, ce qui hâta la convoitise des concurrents, qui sortiront pendant cette décennie nombre de clones du jeu.

 

1972 fut également l'année de l'arrivée sur le marché de la première console de salon : la Odyssey de Magnavox.

Merci à D3vILWiNNiE pour cette photo.


Il s'agit d'une console qui se relie à un poste de télévision (avec recherche de canaux) fonctionnant à pile et ne créait pas de son lors du jeu ! Les jeux devaient être insérés dans la console via un système de cartouche, et ne contenaient pas réellement le jeu : ils permettaient d'afficher des pixels à l'écran et les overlays (des filtres) que l'on mettait devant l'écran permettaient d'avoir différents décors, il fallait ensuite changer les règles du jeu pour coller avec le filtre utilisé. La console disposait également d'un fusil se branchant à la console et qui détectait la lumière. Il faudra attendre 1974 pour que la console soit commercialisée en France.


1973 :

Peu de chose cette année là dans le jeu vidéo, si ce n'est la création de la société Hudson Soft à Sapporo, au Japon. A noter aussi que la borne Pong s'est bien vendue cette année là, avec entre 8000 et 10000 unités vendues.


1974 :

En 1974, c'est pas mieux : on peut quand même noter l'arrivée de Gran Trak 10 en arcade, édité par Atari, de Maze War sur les ordinateurs Imlac et de dnd de PLATO, un dungeon crawler que l'on pourra classer plus tard dans la catégorie des rogue-like, basé non officiellement sur l'univers du jeu de rôle papier Dungeons & Dragons (d'où, peut-être, son nom).

Un aperçu de dnd.


1975 :

L'actualité est encore plus maigre en cette année 1975 : si on ne compte pas la fin officielle de la guerre du Vietnam, l'arrivée des Khmers rouges au pouvoir au Cambodge, la mort de Franco ou la naissance d'Eva Longoria, on ne peut compter que sur l'arrivée dans les salles d'arcade d'un certain Gun Fight, édité par Midway pour l'Occident (il a été édité par Taito pour sa sortie japonaise). Il s'agit d'un jeu où deux joueurs incarnent chacun un cowboy, et le but est de tirer sur son adversaire pour marquer un point. Les déplacements se font comme sur Pong, et vous avez la possibilité de vous cacher derrière un cactus pour ne pas vous faire toucher. Ce jeu est le premier édité par Midway, qui s'est chargé d'américaniser le jeu de Taito ; c'est également le premier jeu d'arcade à utiliser un microprocesseur.


Également cette année là, Atari fait une petite démonstration de sa console de salon Pong, et celle-ci sortira la même année ? Le Noël de 1975 fut la période la plus prolifique pour les consoles Pong, certains faisant la queue en dehors des magasins en rupture de stock pour en commander une.


1976 :

Enfin on passe aux choses sérieuses ! Tout d'abord, cette année voit l'arrivée de la première console de jeu à cartouches : la Fairchild Channel F, produite par Fairchild Semiconductor en août 1976 au prix de 169,95$. La machine a eu le droit à une certaine popularité à ses débuts, sans doute pour son affichage couleur bien que très basique, et pour ses cartouches peu chères (en général vendues autour de 20$). La sortie de cette console a également poussé la sortie de l'Atari VCS, encore nommé Stella à l'époque, avant que le marché des consoles cartouches soit saturé.

Il y eut également cette année là l'arrivée de jeux de renommée, comme le culte Breakout (le casse-brique pour les anglophobes), Colossal Cave Adventure, le premier jeu d'aventure textuel (développé par William Crowther) sorti sur PDP-10 et le controversé Death Race en arcade, où l'on doit écraser des petites bestioles avec sa voiture. Il s'agit du premier jeu à faire scandale aux États-Unis par sa violence gratuite, ce qui provoqua l'arrêt de sa production (il ressortira 14 ans plus tard non-officiellement sur NES).

Morbide, n'est-ce pas?!


1977 :

Grande année pour Atari qu'est 1977 : c'est la sortie de l'Atari VCS, connu aussi sous le nom d'Atari 2600, aux États-Unis en octobre. Sortiront quelques jeux en même temps que la console, comme Air-Sea Battle, Blackjack, Combat (avec la console), Indy 500, Street Racer ou encore l'incompréhensible Surround. Commodore International commercialise également un ordinateur personnel, le Commodore PET, composé d'une unité centrale et d'un écran monochrome verte et noir, un clavier et un lecteur de cassette audio pour stocker des données ; il arrivera trois ans plus tard en France. Sont également sortis cette année là 11 "Videocart" pour la Channel F, comme Maze ou Spacewar. Nintendo a également sorti un jeu nommé Battle Shark en arcade, où vous prenez en main une grosse mitrailleuse et où il faut tirer sur des torpilles qu'on envoie vers votre bateau pour ne pas exploser. Le jeu est composé de séquences animées et délaisse les graphismes cubiques et peu engageants des jeux d'époque.

 

La borne de Battle Shark a pris un coup de vieux.


1978 :

Une autre console américaine sort en cette année 1978 pour concurrencer celle d'Atari : la Magnavox Odyssey², digne successeur de l'Odyssey première du nom. Elle sortira également en Europe sous le nom de Videopac G7000. Douze jeux sortiront pour cette console cette année là, donc cinq jeux de sport (dont deux sur une seule cartouche, à savoir Bowling et Basketball). Les jeux continuent de fleurir sur les consoles et ordinateurs personnel, avec par exemple Adventureland sur Apple II, un jeu d'aventure textuel créé par Scott Addams, Super Breakout, la suite de Breakout, dans les salles d'arcade, Superman, l'un des premiers jeux à licence sur l'Atari VCS, un bon nombre de jeux textuels sur Commodore PET et encore quelques Videocart pour la Channel F, dont la numéro 17 nommé Pinball Challenge, qui n'a rien à voir avec un flipper mais se rapproche plutôt de Breakout.

Mais j'en entends plus d'un crier au scandale car je n'ai pas encore parlé du jeu de l'année 1978, qui le restera pendant un bon bout de temps et pour cause : sa renommée est mondiale, adolescents et adultes font la queue devant sa borne pour dépenser ce qu'ils ont dans les poches. Ce jeu a même provoqué une pénurie de pièces de 100 yens au Japon, pièce nécessaire pour avoir un crédit sur la borne. Vous avez bien entendu deviné que je parlais de Space Invaders.

L'objet du crime des pièces de 100 yens.


1979 :

L'année 1979 clôture cette décennie qui a vu naître le jeu vidéo accessible aux particuliers, avec les consoles à brancher sur un téléviseur ou le début des ordinateurs personnels. Et les jeux continuent à pleuvoir, aussi bien dans les salles d'arcade que sur cartouches : on ne peut pas passer cette année là à côté d'Asteroids, le plus gros succès commercial d'Atari (et je crois encore à ce jour), mais également à d'énormes succès en salles comme Galaxian, Lunar Lander ou encore Monaco GP, premier épisode de la série, développé par une firme japonaise nommée SEGA... Il y a peut-être du potentiel derrière tout ça ! Les jeux d'aventures textuels continuent de se développer sur micro-ordinateurs, preuve en est avec Secret Mission sur Apple II ou Spacewar, un jeu non officiel sur l'univers de Star Wars (avec un certain Darth Vadar) sur Commodore PET. Enfin, après Asteroids, un autre jeu a marqué cette année là, mais est un peu moins connu du grand public car sorti uniquement sur Atari VCS (et pas en arcade) : Adventure de Warren Robinett. Pourquoi ce jeu est-il si important dans l'industrie du jeu vidéo ? Tout simplement parce qu'il s'agit du premier jeu orienté action-aventure, une sorte de dungeon crawler. On oublie les jeux d'aventure textuels dont le jeu s'inspire pour avoir une représentation visuelle des fameux donjons, des salles et d'un héros (même si ici, il n'a que l'aspect d'un gros pixel carré), permettant de réellement visualiser l'environnement du jeu. Il faudra à chaque fois trouver des clés pour progresser et des épées pour attaquer les trois dragons du jeu, afin de récupérer le calice. A noter que ce jeu contient également le premier easter egg du jeu vidéo (comprenez "œuf de Pâques", un message caché dans le jeu (on retrouve son nom dans la représentation d'une salle, à une époque où les développeurs n'avaient pas le droit de figurer à la liste des crédits du jeu).

Adventure, pas très joli mais révolutionnaire.


A noter également que le premier éditeur tiers de jeu vidéo (comprenez une société de création de jeux vidéo qui n'est pas le fabricant de sa propre machine) est créée avec d'anciens employés d'Atari : Activision, toujours en activité aujourd'hui.

Mais depuis avril 1979, un sujet se chuchote dans les couloirs d'Atari : un certain Toru Iwatani a pour projet de créer un jeu vidéo avec un petit héros faisant des bruits ressemblants à une onomatopée japonaise d'une personne qui mange... mais nous en sauront plus la décennie prochaine !

 

Les années 70 auront permis à l'industrie du jeu vidéo de prendre un véritable essor et de passer au delà du statut de simple effet de mode. L'Occident semble s'imposer en leader sur ce marché juteux et un nombre important de jeux et de consoles commencent à inonder les rayons des magasins, mais est-ce que ça va durer ? Et est-ce que ces consoles profiteront-elles des améliorations technologiques rapides que l'on commence à voir dans d'autres domaines ? Est-ce que le jeu vidéo durera sur le long terme ou s’essoufflera quand les ados et les loubards des années 70 deviendront parents ? Autant de questions auxquelles on aura la réponse lors de la décennie 80.

 

J'espère que ce petit dossier vous aura permis d'en découvrir un peu plus sur ce que l'on appelle la préhistoire du jeu vidéo : les années 70. Il n'est peut-être pas ultra complet et ne rentre pas dans les détails, mais je vous l'ai déjà dit, il s'agit plutôt d'être synthétique, de faire une sorte de petit résumé, comme un petit guide de départ pour perfectionner sa culture vidéoludique. Si vous voyez quelques erreurs, n'hésitez pas à me le signaler : c'est peut-être un résumé, mais ça ne doit pas être un résumé faux !


bigvilo

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