25 ans - Castlevania

Et oui mes amis, 25 ans pour une série mythique, ça se fête, et plutôt deux fois qu'une ! Je vous propose un petit dossier de fond sur cette mythique saga assez particulière afin de sortir des sentiers battus, dans le seul but de vous divertir et peut-être d'étoffer votre culture générale, qui sait.

En effet, je ne m'amuserais pas à vous décrire chaque épisode de cette monstrueuse saga, mais d'en décortiquer le background sauce Shin. Ce dossier gravite autour du vampirique comte des Carpates, Dracula, antagoniste de l'œuvre. Afin d'assouvir votre curiosité, j'ai même dégoté un poème écrit par Victor Hugo (donc bien avant le légende du vampire transcendé par Bram Stocker) que j'ai le plaisir de vous partager dans ces lignes. Glissons nous maintenant le temps d'un dossier dans la peau du prince des vampires, Dracula...

 

Si la vie éternelle de Dracula vous semble monotone à bien des égards, imaginez l'existence d'un vampire sous un aspect anachronique et donc contemporain. Notre vampire doit éviter toute forme de nourriture habituelle (dommage, passer à côté de nos sushis made in France est un pêché), peut se déplacer uniquement la nuit (il fout sa cagoule le jour), en prenant soin d'éviter certaines rues possédant des édifices à caractères religieux (merci le guide Michelin), se nourrit exclusivement de sang humain (un avantage car il est du coup immunisé contre les MST et autres maladies sanguines), et j'en passe...

25 ans - Castlevania

Mais lorsqu'en plus, vous êtes jalousement traqué telle une proie par une meute de gens punissant la différence par la mort, votre calvaire se transforme alors en survie que seuls les plus démunis et malchanceux pourraient concevoir et comprendre.

Si l'on regarde la série des Castlevania, et que l'on porte ce même regard pour Dracula, alors nos notions de manichéisme s'en retrouvent inversées : l'on peut ressentir de l'empathie pour le noble prince déchu, et déçu d'un amour, celui de la vie, celui d'un "destin tragique", celui d'une femme dont il a été séparé par la mort. D'ailleurs, la mort, aussi fatale puisse-t-elle paraitre, n'est pas sans rappeler l'incompréhension du monde qui nous entoure, entourés que nous sommes d'inconscients qui font de la vie un enfer. Car l'enfer, c'est les autres (citation de Sartre).

Pour un Belmont, l'enfer et la mort sont matérialisés par Dracula et son environnement subjectif, son cauchemar, sa prison, son château. Creusons: l'enfer est représenté par la forteresse du Castlevania, monde créé de la haine, de l'aversion et de l'incompréhension de Vlad envers autrui, envers toute chose puisqu'il ne les contrôle pas. De l'autre côté, il y a la mort, son bras droit, qu'il pense contrôler mais qui pourtant nourrit un destin funeste en la volonté volée de Dracula. Et puis il y a le jeu du chat et de la souris, ce cycle infini de la résurrection auquel Dracula s'adonne pour irriter son entourage devenu une soif de vengeance et de mégalomanie, poussant le clan des Belmont à chasser indéfiniment l'irrationnel, ce qui leur échappe, la longue vie du comte dans ce contexte. Cette existence, aussi incompréhensible puisse-t-elle paraitre aux yeux des Belmont, n'est-elle pas en réalité jalousée par le clan, tel le pas que franchit Richter Belmont dans Symphony of the Night ? Peut-être pas, si l'on se réfère au choix de Leon Belmont, le créateur du Vampire Killer...

 

Le choix de Léon, ou la malédiction d'une lignée

Un enchaînement de circonstances atténuantes pousse Matthias (vrai prénom de Dracula selon IGA), à faire de la vie de son meilleur ami Léon un enfer. Seul face à lui même après la mort de sa raison de vivre, Elisabetha, et détenant contre toutes attentes les clefs de l'immortalité (la connaissance de l'alchimie dans ce contexte), il éprouve une solitude que même la mort, Death, ne saurait apaiser. Après avoir testé les forces de Leon dans des combats mythiques tels que celui de l'oublié (sûrement une métaphore), il éprouve le besoin de proposer à son ancien compagnon de guerre et camarade de le rejoindre dans son cauchemar éternel, dans son propre enfer qu'est sa nouvelle vie. N'écoutant que ses valeurs (jugées bonnes), Léon refuse de boire le poison que Dracula lui propose. On peut en conclure que la jalousie ne ronge pas les Belmont mais bien Dracula lui seul puisque dans son délire, il met un terme à la vie de la compagne de Léon, ce qui paradoxalement permet à celui-ci de forger l'arme parfaite de l'alchimiste, le vampire killer, symbole de la mort du comte aux travers des siècles.

 

Dracula et la mort, un duo d'enfer

En fusionnant les artefacts d'alchimie nécessaires à à l'accomplissement de son destin, Matthias pactise avec la mort personnifiée, devenue son bras droit. Au fil des épisodes, la mort s'immiscera de manière graduelle jusqu'à devenir le boss final de Lament of Innocence (il est donc à noter que pour en arriver à ce résultat, nous devons retourner en arrière).

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Elle accéléra également le processus de réincarnation du comte en jouant les comploteuses. Mais quel motif pousse Death à agir de la sorte? Est-ce pour son propre "comte"? Agit-elle de délibérément ? Est-elle elle même manipulée par une volonté supérieure autre que celle de Matthias? Certains éléments comme le tableau dans la chapelle de Sympony of the NIght peut nous indiquer un élément de réponse.

La peinture représente des squelettes envoyés du ciel, venus purifier les temples d'architecture Grecque. Fermons cette parenthèse provisoirement. Matthias, en devenant immortel, renie les règles imposées par Dieu, et finit par adopter une légion de créatures issues, entre autre, des mythologies. Ces croyances, catégorisées comme payennes, ces mêmes païens accusés d'hérésie.

Le fameux tableau peut démontrer, tel un indice, que bien avant Dracula et son Castlevania, la mort et l'anti dieu, le chaos, avaient la main mise sur le monde, ou tout du moins tentèrent comme Dracula de posséder le monde. Le petit jeu entre les Belmont et Dracula n'est qu'une image à petite échelle de la place qu'avaient ces guerres de dieux par le passé. Des divinités pour les contrôler, pour s'amuser, oui mais contre qui? D'un côté, tout laisse à penser qu'il s'agit des humains et de dieu, de l'autre les créatures de la nuit et du chaos.

 

Hors, le coeur des hommes ne recevant plus de place pour croire en autre chose qu'en eux même, une dualité s'opère en certains, symboliquement le passage de l'homme mortel (donc régit par les lois divines), Matthias, en immortel.

En 2035, le chateau n'est plus qu'une illusion éphémère qui essaye de revivre et de ranimer son pouvoir passé. Seulement, les forces du bien et du mal diminuent côte à côte, comme l'explique Celia Gardner dans Dawn of Sorrow: pour ressusciter Dieu, il lui faut un opposé. Ainsi vont la vie, le jour et la nuit. L'un sans l'autre ne peut exister, à moins de trouver un équilibre (comme le démontre la société dans laquelle Soma vit, semblable à la notre). Il y a donc une réflexion intéressante sur notre conditionnement à travers ces jeux apparemment dénués de scénario.

 

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La mort, suite

Mais pour quel motif la mort joue-t-elle ce rôle? Tout simplement pour exister. Tant que Dracula continuera sa sanglante récolte, elle aura des clients. Plus le comte aura de pouvoirs, plus son opposé en aura également. Car celui qui porte la croix est le représentant de cet opposé, (un peu comme le protagoniste d'Actraiser), les Belmont incarnent la puissance de cet opposé. Ainsi, la mort décide ce qu'elle veut, puisqu'à travers les bonnes et mauvaises énergies, elle vit. Elle est donc en l'occurrence la neutralité la plus subtile et contradictoire, jouant des peurs les plus faibles (Matthias) et animant la flamme des plus valeureux (Alucard, les Belmont...) par le biais de sa fourberie. Duplicité en Death il y a... Elle est la meneuse d'ordre, et fera tout ce qui est en son pouvoir pour faire régner l'équilibre qu'elle instaure. En d'autres termes, tout le monde est manipulé par Death, du Chaos à Dracula en passant par Alucard et les Belmont. Et vous, ne vous a-t-elle pas berné ?...

 

Quelques références

 

Finalement, IGA dévie le scénario initial de la série et s'octroie quelques références du genre: les divers apparences de certains combats finaux de la série des Castlevania, notamment sur portables Nintendo, rappellent incontestablement l'apparence du dieu créateur de la God Hand dans Berserk (chapitre caché trouvable sur le Net). Les comparaisons ne s'arrêtent pas là... Le passage d'homme à seigneur god hand chez Griffith n'est pas sans rappeler celui de Matthias en Dracula. De plus, comme expliqué précédemment, ils sont les victimes d'un dieu monstrueux composé d'organes humains cherchant à reprendre du pouvoir dans une ère moyen-âgeuse. Peut-être est-ce un moyen de dénoncer les atrocités impliquant les divers pouvoirs tels que religieux dans nos vertes contrées.

La symbolique est similaire dans Devil May Cry, en l'apparence de Mundus (qui auraient du garder les autres opus soit dit-en passant!)

25 ans - Castlevania

L'ambigüité malsaine ou la malédiction de Dracula

Dans l'épisode Circle of the Moon, Hugues Badwin, frère d'arme du héros et fils de Morris Badwin, leur mentor, sombre aisément dans l'incohérence en voulant rivaliser avec le détenteur du fouet "vampire killer". Simple fierté mal placée ou folie contagieuse de Dracula dans son cauchemar? Cette idée est reprise dans le légendaire Final Fantasy VI, avec l'histoire de Sabin (Mash in japan).

Plus durement touché par la volonté de fer de Dracula, Maxime de Harmony of Dissonence bascule dans une guerre avec son ami. Son bon côté prend le dessus durant quelques passages clés, mais sa passion pour sa bien aimée mêlée à la jalousie à l'encontre de Juste Belmont empoisseront son passage dans le château et son existence également. La malédiction de Dracula semble reprendre le dessus dans cette histoire: celle d'un couple déchiré, malmené par la vengeance et la jalousie.

Les Belmont Versus Dracula, LE dénominateur commun

25 ans - Castlevania

 

Malgré toutes ces considérations , Dracula n'en demeure pas moins homme, donc fasciné par le sexe opposé. Devenu bestial mais surtout jaloux et possessif, il trouvera régulièrement comme prétexte à son petit jeu malsain l'enlèvement de la fiancée du héros, voir sa mort.

L'amour rend aveugle; c'est dans ces conditions que l'histoire de ces vaillants protecteurs de la croix les emportera en quête de délivrance dans l'enfer de Matthias. Délivrance, à double sens, en sauvant leur bien aimée, et en tentant de libérer par la même occasion l'âme déchue du prince de la nuit...

Ainsi, Dracula et ses adversaires perdent la raison et s'enfoncent obstinément dans un enfer commun: le Castlevania. Les Belmont agissent bien souvent de façon considérée, et pourtant, ils défendent des causes, comme expliqué auparavant, "perdues". Léon, pour sauver sa compagne, délaissera son titre de noblesse en franchissant le seuil du château de Walter. D'ailleurs, Walter, comme Dracula, invite de nombreuses victimes dans son parc d'attraction, la solitude efface chez tous deux leur humanité. Nos héros et antagonistes ont donc ce point commun: l'abandon de soi, de leur vie d'homme lambda, pour devenir des protagonistes atypiques dans un univers hostile et à leur portée, extrême.

 

C'est uniquement sous la pression que les vrais caractères s'affirment, comme l'illustre parfaitement Curse of Darkness. En se rapprochant des ténèbres, Hector s'empoisonne de la vengeance qu'il désire. Il en va de même pour son rival Isaac, devenu pour sa part tout bonnement fou. La malédiction de Dracula semble les avoir emportée eux aussi sur un terrain bien connu. Même si le comte est mort et enterré (provisoirement), l'enfer, le cauchemar de Dracula, sa malédiction, vont jusqu'à frapper ses propres sbires. Son maléfice pousse alors tous nos héros et protagonistes de la série à un abandon total de leur personnalité.

25 ans - Castlevania

Conclusion

L'on peut voir en cette synthèse de la saga, l'enfer incompréhensible qu'a du éprouver Dracula, l'enfer de la vie sur Terre, de la peur de l'inconnu, d'autrui, faisant de la vie d'Alucard, des Belmont et de tous les personnages ayant participé à l'aventure Castlevania une petite promenade de santé morale, orchestrée par la faucheuse au doux sourire.

Shin, planteur de pieux.

 

Bonus :

Poème de Victor Hugo sur Vlad l'empaleur, alias Dracula

25 ans - Castlevania

Vlad boyard de Travis alias appelé Belzébuth,
refuse de payer au sultan son tribut
Prend l'ambassade Turque et la fait périr toute
sur trentes pals plantés au bord de la route
Mourad accourt, brulant moisson, granges, greniers,
Bat le boyard lui fait mille prisonniers
puis autours de l'immense champs de bataille
battit un large mur en pierre de taille
et fait dans les créneaux plein d'affreux cris plaintifs
Maçonnés et murés les vingt mille captifs
laissant des trous par où l'on voit des yeux dans l'ombre
et part, après avoir écrit sur le mur sombre,
"Mourad tailleur de pierre, à Vlad planteur de pieux."

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