Éditeur : Kaneko

Année : 1989

Support : arcade



Taper sur les vieux jeux, c'est facile. C'est un peu comme taper sur les plus faibles, ils ne peuvent pas se défendre. Bien entendu c'est mal, car quand on tape sur plus faible que soi, normalement il ne répond pas (maintenant c'est moins le cas et c'est une bonne chose d'ailleurs). Mais taper sur les vieux jeux, quand ils sont mauvais qui plus est, ce n'est pas forcément pour faire le mal (m'voyez). Il faut plus prendre ça comme une mission d'intérêt général, pour que les générations actuelles, empreintes de nostalgie et qui veulent se replonger dans d'anciens jeux, ne tombent pas dans le panneau et perdent du temps sur un jeu qui ne méritait déjà, à l'époque, la peine de perdre 5 minutes et cinq francs. Par contre, il m'arrive de perdre plus de cinq minutes (mais je garde ma pièce) avec certains jeux, pour le bien de tous, mais je me rattrape en leur tapant dessus (comme ça, la boucle est bouclée au niveau de qui tape qui).


Pour ce nouvel épisode, on va parler d'un jeu où ça se tape, où ça joue des poings et des pieds, mais ayant eu mauvaise presse, et pas seulement pour des graphismes mauvais, une prise en main inintéressante ou une difficulté impossible : DJ Boy, sur arcade.


DJ Boy est un beat'em all sorti en 1989 au Japon et en 1990 dans le reste du monde. Reprenant quelques codes de la culture hip-hop en pleine expansion à cette époque, et vous met dans la peau d'une jeune garçon dont la copine a été kidnappée. Vous chaussez vos rollers et vous partez à la recherche des punks et autres voyous qui l'ont enlevé à travers les rues de New York.


Pour la fin des années 80 – début des années 90, le jeu est graphiquement assez peu détonnant. Quand on regarde les animations sommaires qui rendent les combats peu vivants, tout comme les niveaux, qui manquent également de vie une fois qu'on oublie quelques petits éléments qu'on remarque assez vite au fond de notre écran, ou encore le design des différents protagonistes du jeu qui n'ont de réussi que l'expression sur leur visage, il n'y a pas de quoi crier à la révolution ou à la joie. On est loin de ceux qu'on considère comme des "grands classiques" et qui n'étaient « que » des hits à l'époque, et qui faisaient vivre les salles d'arcade à l'époque. Là... si on était mauvaise langue, on pourrait presque dire qu'on est en face de la version Megadrive ! Bon, pas à ce point non plus, mais avouez que pour une version borne, le résultat n'est pas transcendant. On reparlera un peu plus tard de certains choix visuels in-game, qui quand on y réfléchit, donneraient presque envie de vomir (et pas parce qu'on est tout le temps sur rollers).


Chaque niveau dispose de sa propre musique, même si on a l'impression d'entendre une version légèrement remixée de la musique du précédent niveau à chaque fois. Les rythmes sont assez semblables dans les grandes lignes, ce qui donne une impression de déjà-vu et de platitude. C'est dommage, car les musiques ne sont pas si mauvaises que ça.

Par contre, les bruitages, c'est pas ça. Que ce soit les coups, les explosions ou certains effets qu'on peut entendre ça et là, c'est assez indigne d'un jeu d'arcade de l'époque, qui plus est un beat'em all où l'ambiance, après la facilité de prise en main, fait partie intégrante de la réussite d'un titre. Là, ça sent le réchauffé d'un pot pourri de bruitages qu'on pouvait entendre sur des productions datant de quelques années. Alors déjà qu'on avait un aperçu assez moyen pour les yeux des joueurs, les oreilles ne sont pas non plus vernies.


DJ Boy se joue avec trois boutons : A pour donner les coups de poing, B pour les coups de pied, et C pour sauter. On peut bien entendu combiner tout ça pour faire des attaques qui varient un peu, comme en appuyant sur A et B simultanément pour faire un coup de pied retourné (ou du moins, ce qui y ressemble), et en rajoutant le stick vers le bas, faire une balayette. On peut bien entendu également faire un coup de pied sauté (je vous laisse déduire comment), qui en plus rapport des points. Leu seul bémol c'est peut-être qu'il manque une super attaque pour se sortir de certaines situations périlleuses, ou pour éliminer les ennemis qu'on n'arrive pas à toucher et qui nous empêche de progresser dans les niveaux.

Tel quel, on peut se dire que le jeu est un beat' classique. Ca aurait pu, si les développeurs n'avaient pas eu la géniale idée de mettre tout le monde sur des roulettes. En effet, ce qui fait l'originalité du titre est également l'un de ses plus gros défauts, car les déplacements sont approximatifs, ce qui nous fait souvent donner des coups dans le vent par un mauvais placement dû à l'effet savonnette, mais également une certaine lenteur dans les déplacements. Comment est-ce possible ? L'effet de glissade qu'on a avec notre petit new-yorkais de Brooklyn n'est absolument pas fluide pour deux sous, et nous oblige à avoir un temps de "démarrage" comme en vrai, car il faut se lancer et prendre de la vitesse. Ca donne des déplacements pas vraiment aisé alors qu'on en a besoin, car nos ennemis (sauf les boss) sont aussi avec les patins et eux maîtrisent l'art de la roulette.


Bob et Tom, deux jeunes new-yorkais adeptes de roller et break (à savoir qu'ils font du break-dance pour les plus anciens qui ne parlent pas comme des djeun's), exercent cette danse dans les rues de Brooklyn, jusqu'à ce que deux autres jeunes en roller viennent casser l'ambiance et volent leur ghetto-blaster, les empêchant donc de danser pour le plaisir. Ils partent donc à la poursuite du gang des Dark Knight, responsable de ce petit larcin, afin de leur rendre la monnaie de leur pièce, à coup de poing et de pied, enfin plutôt de roller. Il n'en faut en général pas plus pour justifier d'aller se taper contre un gang entier avec un seul gars. Par contre, cette fin... Pas de boss original surpuissant, juste le boss du premier niveau avec sa sœur jumelle, comme si ce n'était pas la fin du jeu. Et pourtant si, quand on voit le générique juste après... De quoi nous laisser sur notre faim.


Jeu d'arcade oblige, DJ Boy n'est pas forcément évident. On commence avec 4 « vies », et on en perd une à chaque fois qu'on tombe ; et croyez moi, vous allez souvent tomber. Les ennemis sont résistants, bien plus que vous d'ailleurs, et vous ne disposez pas de frames d'invulnérabilité lorsque vous vous relevez. Et contre les boss, c'est une vraie tare... Il faudra passer pas mal de crédits, même dans les premiers niveaux, pour progresser. Mais sur certains niveaux, notamment le dernier, il suffira d'avancer sans s'arrêter pour éviter les arrivées d'ennemis et autres lancers de dynamite, et ainsi économiser des vies. Bien entendu, les boss sont assez coriaces, mais peu variés, du coup on les retrouve dans d'autres niveaux et on apprend leurs patterns et comment les avoir.


Le jeu est jouable à deux, et les cinq niveaux si on a crédits illimités (comme maintenant sur émulateur), le jeu se finit en moins d'une demi-heure, ce qui était la norme pour un jeu d'arcade à l'époque, les gens n'allant pas souvent jusqu'à la fin car l'argent partait vite dans les premiers niveaux, surtout quand on ne les maîtrisait pas.


Mais outre les graphismes moyens, la bande-son peu variée, les déplacements frustrants et la difficulté rebutante par moment, le gros souci de DJ Boy, ce sont tous les clichés limite racistes qu'il embarque. Un jeune black de Brooklyn (comme s'il n'y avait que des personnes de couleur dans ce quartier) qui fait du break sur de la musique hip-hop, qui va aller taper des gars blonds ou au crâne rasé tel des suprémacistes de la race aryenne, un boss qui reprend une grosse mama black avec une grande robe, qui lâche des pets et des insultes, si ça sortait maintenant, ça serait interdit dans la moitié des pays du monde, et le reste verrait sortir de nombreuses associations de famille ou de groupes anti-racisme pour protester sur de tels clichés. Mais à cette époque là, on se permettait un peu tout...


Verdict : DJ Boy et ses clichés feraient bien d'aller faire un stage dans les bas quartiers pour apprendre comment on se tape. Quoi, c'est trop cliché ça aussi ?


bigvilo

Retrouvez l'émulateur et la rom du jeu sur arcade chez notre partenaire

Émulateur: http://www.gametronik.com/site/emulation/mame/

Rom: http://www.gametronik.com/site/fiche/mame/DJ%2520Boy/

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