Éditeur : Konami

Année : 2002

Support : Gamecube



En plein essor du jeu vidéo, un jeu sortait au milieu des salles d'arcade enfumées, au milieu des Space Invaders, Pac-Man, Centipede ou encore Missile Command : Frogger. Dans ce petit jeu, point de guerre, point d'envahisseurs ou de fantômes, juste une petite grenouille qui doit traverser la route remplie de voiture ou passer une rivière en passant sur des bouts de bois, afin de rentrer chez elle. Même si aujourd'hui, on ne le cite pas forcément quand on pense aux classiques de cette époque là, il reste malgré tout un titre référence, étant adapté sur une grosse partie des supports de jeux vidéo, de l'Atari VCS à l'iPhone. La petite grenouille a même eu le droit à son heure de gloire dans le film "Pixels", sorti en 2015 au cinéma et mettant en scène bon nombre de personnages cultes de l'univers du jeu vidéo.

Les années 2000 ont commencé à voir fleurir bon nombre de réadaptations de licences populaires du jeu vidéo dit "rétro", plus que dans les années 90 où ce n'était pas encore considéré comme tel. On peut voir revenir Rygar, Golden Axe, Bionic Commando, Outrun... Et vous vous en doutez, Frogger. C'est en l'an de grâce 2002 que Konami exhume la licence, qui a eu le droit à quelques jeux tout de même plus récemment, mais qui n'ont pas fait de bruit, avec un jeu qui n'a pas non plus fait plus de bruit, avec le bizarrement nommé Frogger Beyond, sur Gamecube.


Frogger Beyond est un jeu d'action / plate-forme sorti en 2002 sur Gamecube et les autres consoles de salon de son époque. Frogger la grenouille arrive à l'âge adulte, et va devoir partir dans huit mondes différents pour prouver aux sages qu'il est digne de devenir adulte au sein du groupe.


Frogger Beyond s'inscrit dans la droite lignée graphique des jeux de plate-forme 3D du début des années 2000, mais il se situe tout de même dans la moyenne basse des jeux du genre. On passera outre des décors et éléments un peu coupés à la hache, ou des effets de l'eau un peu moyens, voir certains niveaux un peu vides en dehors du chemin qu'on suit. Par contre, on passera un peu moins une bonne partie du bestiaire qui se répète énormément, bien souvent avec un visuel qui fait peur et des animations qui manquent de punch. On a vraiment l'impression que tout le monde est là parce qu'il n'y avait pas de boulot autre part et qu'il faut bien manger le soir. Il en est de même pour notre grenouille, avec des animations qui paraissent lourdes et saccadées, comme s'il ne savait pas quoi faire de son petit corps frêle. Les effets visuels sont moyens, les couleurs peut-être un poil trop sombres pour un jeu qui se destinent clairement aux enfants, et la construction des niveaux est parfois un peu trop simpliste, avec peu de passages alternatifs pour éviter des phases difficiles ou tout simplement aller plus vite.

 

Les musiques du jeu sont assez réussies, et collent plutôt bien avec les différentes ambiances des niveaux, que ce soit dans la forêt, dans le monde aquatiques dans celui plus technologique ou encore dans les montagnes. Elles se font discrètes la plupart du temps car il y a énormément d'effets sonores dans les niveaux, la plupart étant aussi d'assez bonne facture. On reste, dans la globalité du titre, sur une ambiance bon enfant, avec peu de choses à jeter, en gardant les standards de la génération précédente de console pour les jeux de plate-forme.


Le plus gros défaut de ce jeu, hormis ses graphismes un peu moyens et une certain difficulté (que nous aborderons plus tard), c'est sa prise en main. On se déplace avec les flèches, on tourne sa grenouille avec les gâchettes L et R (pour qu'elle regarde dans d'autres directions), on saute avec A, on fait un saut haut (pour récupérer une colonne de pièces par exemple) avec Y et B permet de mettre un coup de langue pour récupérer un insecte qui donnera une vie. Premier problème si vous avez bien lu : il faut appuyer sur les gâchettes de la manette pour faire tourner notre personnage, car à partir du moment où on appuie sur une direction avec le stick, Frogger fera un pas dans cette direction, comme s'il avançait d'une case. C'est un peu compliqué quand on et au bord de l'eau ou d'un précipice et qu'il faut se mettre dans la bonne direction pour pouvoir sauter. Alors au début, on revient un pas en arrière pour se remettre dans le bon sens sans risquer de perdre inutilement une vie, et après on essaye de maîtriser ses changements de direction, pas forcément ergonomique. A noter également que notre petit héros vert se déplace case par case, donc il faut appuyer à chaque fois sur la direction voulue pour avancer d'un petit saut de grenouille, et ça devient vite très chiant de de devoir marteler la flèche de direction ou donner une impulsion avec le stick. Un bon truc pour ceux qui veulent faire travailler leurs nerfs ! Enfin, histoire de rester dans la prise en main mal pensée, Frogger peut sauter avec A comme je l'ai déjà dit, mais il saute deux deux déplacements vers la direction devant lui, et il est impossible de gérer ce saut, donc pas de saut en biais, un peu plus long pour essayer de gratter du temps ou pour atteindre une zone un peu spéciale, rien de tout ça.

Un gameplay rigide, qui fera rager pas mal de monde, si on compte également des hitbox larges qui font qu'on se fait toucher alors que l'ennemi a pratiquement quitter la case (alors que sur l'animation, on ne touche pas l'ennemi!), ainsi que des soucis d'angles de caméra qui font qu'on apprécie mal où se trouve le positionnement d'obstacles ou de passerelles, synonyme de perte de vie ou de santé. A noter également que Frogger n'a pas de frame d'invincibilité quand il se fait toucher ou qu'il revient à la vie dans un checkpoint, on peut perdre toutes ses vies en moins de 10 secondes.

 

L'histoire de Frogger Beyond n'est pas très évoluée, mais à le mérite d'exister. Ce dernier passe à l'âge adulte, et va devoir prouver au conseil des anciens du groupe qu'il est digne de grandir, en passant divers défis dans le petit monde qui l'entoure. Il suffit de ce prétexte pour partir à l'aventure, après ça ne justifie pas trop pour aller battre des boss qui n'ont pas demandé grand chose et n'ont rien fait de mal à notre héros ou à sa tribu. On retrouvera quelques cinématiques au cours du jeu pour nous rappeler le rite que doit accomplir la grenouille.


On pourrait croire qu'avec un jeu pour petits, dans un univers enfantin, ça ferait de Frogger Beyond un jeu facile et finissable rapidement, il n'en est rien. On perd une vie aussitôt qu'on se fait toucher, on ne peut récupérer qu'une vie par niveau en trouvant ses petits insectes volants qui se baladent dans les niveaux, on perd souvent bêtement en oubliant qu'il faut se tourner sur place avant de se déplacement dans une direction et on tombe souvent à cause de ce petit souci de perspective avec la caméra. Alors même si les ennemis ont des directions prédéfinis, que nombre de passages sont assez simples à passer, il en reste toujours un bon nombre où la synchronisation du saut/déplacement doit être parfaite pour éviter de se prendre un ennemi ou un piège. Le game over est récurrent, les continues illimités (mais nous ramène au début du niveau, sans passer par les précédents checkpoints) et l'abandon une habitude, pour essayer de revenir un peu plus tard, avec la même réussite.

 

Huit mondes, composés de quatre niveaux, avec un boss à chaque fin de monde, ce qui fait un total de 32 niveaux, un total plus qu'honnête pour un jeu de plate-forme 3D. En étant plutôt bon, le jeu peut se finir en 4-5 heures, comptez quelques heures de plus si comme moi vous avez l'habitude de bons jeux du genre avec une prise en main fluide et un level design agréable et bien pensé. Un mode Time Attack est également disponible sur les niveaux terminés, si l'envie de relever des défis de temps vous donne envie, en admettant que vous ayez fini le niveau en moins d'une demi-heure et quinze continues bien sûr, sinon oubliez.


Verdict : rigide, pas très beau et avec une difficulté un peu trop relevé pour le public ciblé, Frogger Beyond s'est fait écrasé par la concurrence comme une grenouille qui a voulu traverser la route.


bigvilo

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