Éditeur : Vic Tokai

Année : 1996

Support : Playstation


S'il y a bien un genre qui n'a pas réellement survécu au passage à l'an 2000 dans le monde du jeu vidéo, c'est bien le jeu d'aventure sous sa forme d'énigmes, celui où il faut réfléchir et rassembler des indices et des objets pour progresser dans son aventure, sans forcément à avoir d'armes ou de combats à faire. Il y a eu différentes formes : tout d'abord, tout à commencer avec l'aventure textuelle brute, comme Colossal Cave Adventure (la première fiction interactive, parut en 1976) ou Softporn (les premières aventure d'un certain Larry Laffer) un peu plus tard ; des formes plus visuels (comme Maniac Mansion, Dune, Leisure Suit Larry, Monkey Island...) qu'on appelle plus des point'n click, et puis des films interactifs, qui peuvent être plus orienté vers la dextérité (Road Blaster, Dragon's Lair, Brain Dead 13...) ou des FMV (Phantasmagoria, Fahrenheit, Myst...) qui reprennent bien souvent les mêmes codes que les point'n click.

 

Mais ce genre n'a pas survécu à l'arrivée de la 3D, qui a mené l'avènement des jeux d'action, des jeux de tir encore naissants et un nouveau souffle aux jeux de plate-forme. Il faut dire que réfléchir et collecter des objets dont on ne sait pas trop ce qu'on va faire alors qu'on peut se faire une partie de foot réaliste ou dézinguer la tête de terroristes ou d'extra-terrestres, c'est pas très aguicheur. Et petit à petit, le genre a dépéri, alors que des jeux d'excellentes qualité sortaient. Mais il n'y a pas eu que des réussites, et certains ont même tenté un retour à l'aventure textuelle à peine animée alors que la Playstation, première console de Sony, prône la 3D à tout prix. C'est ce qu'a tenté, sans grand succès, de faire Millennium Interactive avec Silverload.


Silverload est un point'click sorti en 1996 sur Playstation uniquement en Amérique du Nord (heureusement). On y incarne une cow-boy américain du Far West dans la deuxième partie du XIXème siècle, qui part à la recherche d'un enfant qui a été enlevé à ses parents après une attaque par une meute de loups de leur caravane. Il faudra réfléchir, interagir et questionner pas mal de monde, tout en découvrant les mystères de cette ville hantée par des créatures étranges... bref, comme tout bon jeu d'aventure à l'ancienne qui se respecte !


La mode pour les jeux d'aventure style point'n click des années 90 est indubitablement le FMV, pour Full Motion Video (que vous connaissez déjà si vous suivez les tests du site), car on pensait que c'était l'avenir de l'industrie. Bon, le passé nous a montré que non. Silverload prend le pari de ne pas se plier à cette règle pré-établie arbitrairement par des sociétés comme Sierra ou Virgin Interactive. Et le résultat n'est pas très convainquant : si les phases de déplacements marquent un léger cran de retard visuel par rapport à certaines productions de la même année (on a plus l'impression de voir un jeu sorti trois ans plus tôt), mais restent tout à fait correctes, une fois qu'on est en interaction rapprochée ou lorsqu'on discute avec un PNJ, on se rend compte que le parti pris n'est pas gagnant. Les éléments avec lesquels ont peu interagir font très "jeux d'aventure du début des 90's" sur micro-ordinateurs : ce n'est pas une tare, mais on est sur une console de salon voulue révolutionnaire avec support CD, pas un lecteur de disquette de 8 pouces. Des figures qui font peur, une synchro voix-animations aux ras des pâquerettes, des dessins qui donnent plus l'impression d'être en première année d'école d'art que chez les pros, pour les trois-quarts de ce qu'on verra de près nous donnera juste envie de repartir explorer, mais pas trop proche de la télévision quand même.

 

Le jeu est entièrement doublé en anglais pour les dialogues des PNJ, tout comme votre personnage sans nom. D'ailleurs, ce dernier est souvent bavard quand on ne voudrait pas, car en plus de vous dire que ce que vous voulez faire n'est pas possible, il se fait souvent de longs monologues inintéressants sur le peu de choses qui se passent autour de vous. Le doublage n'est pas sans défaut, certains acteurs n'étant pas trop passionnés parce qu'ils racontent, un peu comme la face du PNJ qu'ils doublent vous me direz. Vous entendrez bien aussi quelques effets selon les plans fixes que vous verrez pour la première fois, mais sinon le jeu se terre dans un silence de cathédrale presque tout le temps. Aucun bruit, et surtout aucune musique ; certes, on est dans le désert des Rocheuses américaines où seuls le vent et les boules de poussières ont leurs droits, mais histoire de rester dans le ton voulu par l'histoire, une musique inquiétante en fond ou justement le bruit du vent au milieu de toutes baraques désertes auraient permis au jeu d'avoir une atmosphère parfaite. Là, y'a rien...


Un point'n click n'a pas besoin d'une prise en main de malade à la manette pour être accessible, puisque ça ne se joue qu'avec deux boutons bien souvent : un pour agir, et un pour accéder à son inventaire. Mais Silverload est un peu plus complexe et utilise les quatre boutons faciaux de la manette pour avoir accès à un éventail d'action plus large. On peut donc voir, parler, prendre, partir... Ce qu'on peut faire dans un jeu du genre classique, sauf que l'action ne change pas en fonction d'où on positionne notre curseur, ce qui rend le jeu plus difficile car il faut deviner les actions et surtout à quels endroits (c'est pas toujours évident). Le jeu n'est donc pas si accessible que ça pour les débutants, et sera légèrement déroutants pour les personnes plus initiés qui ont plus l'habitude de jouer sur des FMV.

Pour ce qui est de la gestion de l'inventaire, c'est mieux penser, accessible en baissant le curseur avec le pad numérique en bas de l'écran. On peut également utiliser les éléments présents dans notre inventaire sur nous même en les plaçant sur la "photo" de notre perso en bas à droite de l'écran.

 

L'histoire de Silverload est assez inquiétante : on parcourt une ville fantôme peuplée de loups-garous, de vampires et d'esprits pas super rassurants tout droit sorti d'un cimetière indien de colons qui a été profané et souillé par des enfants de consanguins de la campagne profonde. Tout ça pour sauver l'enfant d'un cow-boy qui s'est fait attaquer par une meute de loups. Mais tout ça est mal mené, l'histoire n'est pas toujours très claire ni très prenante, de part son atmosphère (voir plus haut) et de part sa narration, souvent un peu perdue au milieu de pas grand chose. Certaines peuvent aimer être un peu livré à soi-même, comme dans un Myst (bon, on en n'est pas non plus à ce point là), mais ça manque clairement de repères.


Du fait du manque de repères et de l'obligation de savoir quoi à faire à quel endroit précisément pour progresser, Silverload est assez difficile pour les néophytes et un gros challenge pour les personnes un peu plus en terre connue avec le genre. Il faut bien souvent réfléchir, se poser et sauvegarder fréquemment (ça fait pas de mal). Mais les deux gros soucis de la difficulté du jeu restent tout de même les phases de tir extrêmement gauches et imprécises, ainsi que les puzzles à résoudre, bien souvent incompréhensibles et sans logique apparente.

 

Le jeu est très long dans son premier run, pour pas mal de raisons déjà évoquées dans les précédents paragraphes. Comptez bien 8 à 12 heures pour un premier run, plus 6 pour le second et les suivants, en ne zappant pas les dialogues et quelques cinématiques. On est donc dans une durée de vie honorable pour un jeu du genre. Mais qui voudra vraiment se plonger autant de temps dans un manquant d'idées pour être accrocheur ?


Verdict : peu détaillé, des animations en retard sur leur temps, des énigmes à la difficulté mal dosée et une ambiance sonore inexistante, Silverload cumule tout ce qu'il faut pour ne pas être un bon jeu.

bigvilo

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