Éditeur : Midas

Année : 2003

Support : Playstation 2




Dans le domaine des jeux de l'absurde, si on ne compte pas le PC avec son développement et ses sorties de jeux beaucoup plus libres que sur consoles, la Playstation 2 a battu des records. Entre autres simulations de pétanque, des copies de jeux licenciés Disney ou des jeux de combat qui font plus de zooms sur les strings des combattantes que sur les prises, on est servis. Bon, c'est vrai, la console a eu également son lot de bons jeux, voir même d'excellents jeux, mais je ne vous en parlerai pas, on est pas là pour jeter des fleurs aux jeux (ou alors des fleurs fanées avec plein de piquants sur la tige).

 

D'habitude, dans les tests de la loose, je m'intéresse plutôt aux mauvais jeux, ceux qui sont injouables ou qui prêtent tout simplement à rire au point de se demander si des gars ont réellement bossé derrière. Mais pour cette fois, je vais, comme je l'ai dit dès le début, faire l'apologie de l'absurdité et du WTF avec un jeu que personne n'aurait pu penser possible, ce qui exclu bien entendu une sortie dans le commerce. Et pourtant, un certain BCV : Battle Construction Vehicles est bien sorti sur Playstation 2, et oui, vous avez bien réussi à faire la traduction et savez donc de quoi je vais parler.


BCV : Battle Construction Vehicles est un jeu de combat sorti sur Playstation 2. Mais il ne s'agit pas d'un jeu de combat comme les autres : ici, vous devez reprendre l'entreprise de construction familial. Mais le monde du bâtiment est sans pitié, et votre grand concurrent sur le marché fera tout pour vous mener à la faillite en détruisant vos véhicules... avec les siens. Vous l'aurez compris, il s'agit d'un jeu de combat d'engins de construction !


BCV dispose de graphismes moyens : ce n'est pas le jeu le plus moche de la PS2, mais ce n'est clairement pas le plus beau. On trouve des engins pas trop mal modélisés pour du 2003 3D temps réel, mais des arènes de combats extrêmement vides, ne rappelant pas un dépôt d'une entreprise du bâtiment ou le chantier d'un immeuble. On en est même très loin, car il n'y a aucun signe de vie à part deux-trois éléments posés ça et là pour dire de. Et les animations qui vont avec sont d'une lenteur d'exécution... on a vraiment l'impression de jouer au ralenti, et le 50Hz n'arrange pas la chose ! Mais après il faut comprendre que déplacer un tractopelle ou un camion benne, ce n'est pas comme faire bouger un vélo, ça demande du doigté ! Et puis que dire des animations lors des attaques spéciales... on passe dans un écran noir avec uniquement les deux engins, un super coup apparaît et au final on a rien compris car tout s'est passé en moins de 5 secondes.

Par contre, un endroit où on ne peut pas reprocher à BCV d'être moche, c'est au niveau des cinématiques pour faire avancer l'histoire. En effet, les cinématiques ne sont pas faites avec le moteur du jeu (sinon, ce ne serait vraiment pas beau du tout), mais en style animé japonais plutôt joli, même si je ne connais pas les standards pour juger les animés manga. En tout cas, pour un jeu sur ce sujet, c'est assez inattendu de voir un minimum de qualité et de soin pour ce qui se passe en dehors des phases de jeu.

 

Les musiques du jeu se composent essentiellement de morceaux rock pas forcément géniales qui ne collent pas toujours avec l'action. On aurait peut-être préféré des musiques un peu plus fun, plus rythmées, pour donner un peu de punch au jeu, car je le rappelle, il s'agit d'un jeu de combat. Pour ce qui est des effets sonores, pas mieux, les bruits lors des collisions ne font pas très métallique, on dirait presque un bug de son mal géré par la console. Enfin, le jeu dispose de voix en anglais lors des cinématiques de jeu. Bon, si on ne fait pas la fine bouche, on peut se dire que c'est déjà pas mal qu'elles ne soient pas toutes sous-titrées (comme les phases de scénarios entre les niveaux), mais elles ne le sont qu'en anglais de plus ou moins bonne qualité, et ça aurait été pas mal d'avoir les voix japonaises pour coller à l'aspect manga et surtout aux personnages du jeu.


La prise en main de BCV est très lourde, pas forcément dans sa disposition complexe (même si, si on n'a pas le manuel et des bugs d'affichage dans les options, on ne comprend pas exactement à quoi correspond chaque bouton) mais plutôt dans le fait que les engins sont aussi lourds et peu maniables qu'en vrai. On se surprend par moment d'appuyer comme un bœuf sur les boutons, comme si en appuyant plus fort, la machine comprendrait mieux ! A noter également que le jeu se joue avec les flèches directionnelles et pas le stick analogique gauche, ce qui accentue l'impression de lourdeur car on ne contrôle pas parfaitement sa trajectoire.

Pour se qui est d'attaquer et défendre, les combats se concentreront essentiellement sur les charges que vous faites à vos adversaires en vous déplaçant ou en activant des charges (en maintenant carré ou triangle puis en les relâchant), même s'il est possible avec certains modèles de véhicules d'activer d'autres éléments (les grues mobiles pour attaquer de loin, le tractopelle pour la même raison mais dans une moindre mesure...). La touche X permet de faire sortir des charpentes métallique du sol, servant de bouclier pendant un certain temps (et permettant aussi d'attaquer si l'ennemi nous colle). A partir d'un certain nombre d'attaques et de dégâts infliger à l'adversaire, vous pourrez lancer des super coups grâce à l'âme de votre machine si l'ennemi est dans votre rayon d'attaque lorsqu'elles s'activent, faisant baisser le panneau avec un petit bonhomme qui lui sert de vie.

 

Même s'il s'agit d'un jeu de combat (pas tout à fait classique on est d'accord), le scénario est tout de même présent et justifie parfaitement l'action du jeu, même si c'est un peu du n'importe quoi. En clair, vous êtes Hayato Kongo, au service d'un grand industriel de construction et de démolition, Kazukiyo Danoura ; son entreprise n'est pas en excellente forme et risque de fermer. Il faudra faire équipe avec d'autres conducteurs d'engins de travaux en leur prouvant que vous digne de valeur (en les battant quoi) pour mettre hors service le rival de votre boîte qui est sur le point de vous faire couler en ayant un monopole sur les chantiers du coin. Et surtout, point important que votre senseï vous apprend, c'est que les fameuses machines que vous allez enfourcher ont une âme, qui peut être délivrée pour endommager fortement votre adversaire. Un scénario original, un peu dur à suivre par moment, qui devient n'importe quoi par moment (si je vous parle d'un chien...).


De part sa lenteur et sa prise en main lourde, le jeu sera assez difficile lors des premières parties, et vous ne comprendrez pas pourquoi votre ennemi a tant d'attaques spéciales et pas vous, alors que vous le percutez plus souvent que lui ne le fait. Mais avec quelques parties dans les mains, une maîtrise des charges et en apprenant à coincer votre adversaire dans un coin où il est difficile de manœuvrer, vous commencerez à gagner des parties, mêmes si ce sera long et difficile par moment. Sachez que vous pouvez également choisir parmi les trois modes de difficulté si vous le désirez (facile, normal et difficile) pour plus ou moins de challenge. Vous pouvez également configurer les boutons de votre manette, pour arriver à ne jouer pratiquement qu'avec une seule main si vous le désirez !

 

Le jeu propose une quinzaine de niveaux, donc autant de combat. Ces combats sont limités à 99 secondes, mais ce ne sont pas de vraies secondes (ça fait en général le triple). Les combats sont donc assez longs, car il vous faudra bien les trois quarts du temps pour battre votre adversaire avant la fin du chrono (mais vous pouvez également le battre au timer, mais ne comptez pas trop là dessus). Les phases d'histoire entre les niveaux augmentent bien entendu artificiellement la durée de vie du jeu, mais c'est aussi le nerf de la guerre. Comptez bien 6 heures pour le finir avec quelques défaites pour comprendre les nouveaux engins. Un mode deux joueurs est également disponible, bien fun si vous voulez vous taper un bon délire sous alcool avec un pote ou plusieurs.

 

A noter que lors de sa sortie au Japon en juin 2000, il s'agissait du tout premier jeu de la Playstation 2 à sortir sur DVD.


Verdict : totalement barré et original, BCV : Battle Construction Vehicles manque de peu d'être un jeu correct par une ambiance sonore exécrable, une prise en main ultra-lourde et un rythme très très lent. Il reste malgré tout un OVNI à tester si vous avez les nerfs solides.

bigvilo

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