Éditeur : THQ

Année : 1992

Support : Super NES

 

 

Les plus anciens adeptes de jeux de course se souviennent sans doute d'un certain Hard Drivin', jeu édité et développé par Atari en 1988. Il coupait court avec tout ce qu'il se faisait à l'époque en terme de jeu de course, où au final on conduisait une voiture fixe et c'était la route plate et sans véritable relief et les obstacles qui bougeaient autour de notre engin. Mais ce n'était plus le cas avec ce jeu : au volant d'une voiture de course, on parcourt divers tracés avec des loopings, des bosses, des ponts, des obstacles et d'autres voitures, le tout entièrement modélisé en 3D. Le jeu demandait pas mal d’entraînement car pas vraiment facile et assez déroutant, les crashs et autres sorties de routes étant très fréquents.

 

Le jeu a eu un certain succès d'estime, et il était presque normal qu'une suite arrive. Ce fut le cas en 1992, sur consoles et micro-ordinateurs cette fois. Mais comment arriver à faire aussi bien, notamment dans les graphismes et la fluidité, avec des machines moins puissantes qu'une borne dédiée ? La question se pose avec Race Drivin' sur Super NES.

 

Race Drivin' est un jeu de course en 3D adapté du jeu même du même nom en arcade de 1990. Comme tout bon jeu de course, il faut terminer chaque circuit en tête, en passant par les tours de qualification.

 

Au début des années 90, la 3D n'en est qu'à ses balbutiements, le vectoriel n'impressionne plus et les lunettes rouges et bleues sont rangées au placard car has been. Alors quand Race Drivin' annonce des graphismes entièrement en 3D polygonale, on peut s'attendre à voir des prouesses comme dans certains films de science-fiction qui sortent actuellement au vidéo club. Baaaah... pas vraiment. Certes, la 3D est là, très simpliste il est vrai, avec des voitures cubiques, des éléments de décors très rares et une piste en véritable relief. Mais on ne peut pas réellement profiter de cette 3D totale car le jeu se limite uniquement à une vue d'intérieure de l'habitacle, qui elle, n'est pas en 3D (il s'agit d'une bonne vieille vue avec éléments en 2D comme le volant, les vitesses et quelques informations que personne ne regarde) et réduit le champ de vision du pilote de plus de moitié ! On ne verra la "magnifique" 3D de l'extérieur que lors des replays en cas de crash + explosion de votre voiture, qui permettent également de voir quel modèle vous avez pris parmi les trois disponibles. A noter d'ailleurs un rétroviseur qui n'affiche que du bleu, ne comptez pas sur lui pour vous aider en course ; ah si, de temps en temps, on voit une tâche de couleur, si on a l’œil.

Mais ce n'est pas tout ! Une 3D sommaire, qu'on ne peut apprécier pleinement, des couleurs issues d'un boîte de tubes de gouache d'un élève de CE2... Si ce n'était que ça, on aurait presque pu pardonner ! Mais le truc, c'est que quand on veut créer un jeu en 3D sur une console qui n'est pas faite pour la supporter avec son hardware originel, et bah ça fait des étincelles. Enfin, justement non : le jeu tourne sans mentir à une vitesse moyenne de 2 images par seconde. Ou, simplement deux. Pour un jeu de course, c'est un peu limite, voir carrément injouable dans de telles conditions. Et bien pourtant les développeurs ont pris le pari de faire passer ce genre de défaut inacceptable. Et en plus de ne pas être très sympa visuellement, ça implique sur la prise en main, qui prend elle aussi un coup au moral.

 

On s'attend à en prendre un minimum plein les oreilles quand on joue à un jeu de course, et puis, avec la SNES, fini les sons de petites bagnoles en plastique qu'on fait avec la bouche comme on pouvait entendre sur les précédentes consoles. Et bien non, même ça, Race Drivin' n'arrive pas à le supporter. Si les musiques dans les menus font très métalliques et peuvent coller à l'ambiance cambouis et courroie de distribution d'un jeu de course, elles iraient peut-être un peu mieux sur un bon jeu d'action. Mais ça encore, ce n'est vraiment qu'un petit détail. Ce qui gêne le plus, c'est ce bruit de tondeuse à gazon électrique qu'on entend tout au long des courses... Ah ? C'est le bruit du moteur ?! Mais ça me le fait même quand je change de voiture ! Donc oui, un bruitage assez immonde qui, d'un côté, va de paire avec ce qui est vu à l'écran. Pour ce qui est des bruitages en cas de casse, d'explosions (si, pendant les ralentis, c'est toujours plus classe) de virages un peu trop serrés ou de sorties de piste, on est sur du moyen sans plus, rien d'exceptionnel et rien qui ne révolutionne le genre. Mais le souci, c'est que quand on joue en mode manuel (soit trois choix sur quatre à l'écran de sélection des véhicules), jouer sans le son sera forcément synonyme de course ratée, car il n'y a aucun voyant qui n'indique qu'on est à vitesse maximale pour passer la vitesse, sauf si on a les yeux rivés sur le compteur tours.

 

Le jeu se joue assez facilement à la manette : on accélère avec A, on freine avec B, on passe les vitesses avec X et Y et on change de direction avec les flèches, ou avec les gâchettes (sans faire de modifications dans un quelconque menu d'option). Le souci, c'est que ce système ne peut être changer, par exemple pour mettre les changements de vitesse plutôt sur les gâchettes, tout simplement parce qu'il n'y a aucun menu d'option. Ensuite, seule une voiture peut-être choisie en mode automatique (la Sportster, également dispo en manuel), alors que les deux autres (la Roadster et la Speedster) ne sont jouables qu'en manuel. Pourquoi ? Je ne sais pas, les développeurs ont peut-être eu la flemme de faire un menu suivant à celui de sélection des voitures pour qu'on puisse choisir entre manuel et automatique. Après, il faudra un peu de maîtrise et jouer avec les ralentissements constants du jeu pour bien prendre les virages et éviter la sortie de route pénalisante niveau vitesse, voir le tête à queue qui lui fait perdre pas mal de temps (et je ne vous parle pas des chocs frontaux avec des obstacles en dur). Attention également à un nouvel élément de gameplay dans le jeu de course : le relief, avec notamment les passages surélevés, s'ils sont pris à une trop grande vitesse, entraîneront un crash de la voiture à 90° à l'atterrissage, car la physique de la voiture n'est pas contrôlable en plein vol. Attention également aux changement brutaux de hauteur, notamment dans la dernière piste et sa falaise, où l'on ne voit pas forcément très bien les changements de directions ! Plus que de la maîtrise, il faudra une bonne dose de patience avec ce jeu, qui subit le revers de la médaille de la 3D, comme par exemple le fait de devoir constamment contrôler sa trajectoire pour éviter les sorties de route (et à grande vitesse, ça peut justement en entraîner).

 

Race Drivin' reste dans la lignée du contenu et du challenge des autres jeux de course de l'époque, notamment ceux adaptés d'une version arcade : des courses où il faut finir premier (en passant par des checkpoints pour continuer à avoir du temps pour atteindre le suivant ou la ligne d'arrivée. La seule vraie différence avec ce jeu par rapport aux autres, c'est qu'il n'y a pas de classement avec d'autres pilotes pour gagner des points : on a un temps à battre, aussi bien en qualifications qu'en course pour la coupe (le temps est en général différent entre ces deux modes pour une même course), et il faudra tourner sur la piste jusqu'à le battre, en faisant attention que le chrono ne tombe pas à zéro avant d'avoir passer un des fameux checkpoints. Mis à part ça, le contenu est un peu chiche : seulement trois courses, donc une seule avec de véritables obstacles 3D comme des loopings, des falaises et des creux (qui doivent justifier cette 3D qu'on commence à bien regretter d'avoir mis dans sa console), où il faudra donc battre six temps dans une sorte de contre-la-montre, avec une des trois voitures proposées. Pas de course contre l'ordinateur et pas de mode arcade...

 

La difficulté du jeu vient essentiellement de cette nouvelle approche graphique avec la 3D, et tout ce qui en incombe au niveau de la précision et de la prise en main : tout d'abord, la vitesse à laquelle tourne le jeu, ce qui n'est pas évident pour bien anticiper les virages et les obstacles tellement c'est lent, puis la visibilité réduite et l'absence d'une carte du circuit, qui fait qu'on peut rater certains changements de dénivelé et finir au fond du trou sans trop comprendre pourquoi, et enfin la perte de temps liée aux problèmes, qui pourront nous faire rater les checkpoints. Après, le fait que trois voitures soient en mode manuel sans pouvoir les changer apporte son lot de temps d'adaptation à la conduite, surtout que le mappage des touches n'est pas des plus ergonomiques. Avec le modèle automatique, on pourra déjà avoir un peu plus de fun immédiatement, en admettant qu'il y en ait. Mais ça permettra de trouver le jeu moins cruel pour un sou.

 

Seulement trois courses certes, avec des tours pour se qualifier, c'est un peu light. Même si vous arriverez sans trop de difficulté à terminer le premier circuit sans relief ni obstacles nécessitant de décoller les roues de la piste, venir à bout des trois courses relèvera de l'exploit, tant il faudra apprendre les passages chauds par cœur en recommençant encore et encore, afin de trouver la bonne vitesse pour passer un looping ou un saut dangereux. Pas de mode avec des adversaires à battre, le jeu est essentiellement constitué de contre-la-montre à battre avec un système de checkpoints, et des temps à battre identique d'une partie à l'autre. Et le multijoueur dans tout ça ? Vous avez vu à quelle vitesse tourne le jeu quand vous jouez seul ? Vous voulez voir ce que ça peut donner à deux ? Non, c'est bien ce que je me disais.

 

Verdict : Race Drivin' fini comme la première partie qu'on fait du jeu : droit dans les fourrées dès le premier virage.

bigvilo

 

Retrouvez l'émulateur et la rom du jeu sur Super Nintendo chez notre partenaire 

Émulateur: http://www.gametronik.com/site/emulation/snes/

Rom: http://www.gametronik.com/site/fiche/nisnes/Race%2520Drivin%2527%2520%2528Europe%2529/

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